
a tournée de Noel Gallagher accompagné des High Flying Birds se devait ou presque de passer par Paris après l’incident Rock en Seine datant de 2009. Histoire de ne pas faire les choses à moitié, Noel Gallagher a programmé deux dates : celle-ci au Casino de Paris et une autre au Grand Rex en mars. Neuf mois auparavant c’est son frère Liam et son nouveau groupe Beady Eye qui dégainaient les premiers en investissant la scène du Casino de Paris. Etrangement, Noel y présente également son premier album post-Oasis, le bien nommé Noel Gallagher’s High Flying Birds.
Comme à son habitude, la setlist ne change pas ou très peu d’un concert à l’autre, on savait donc d’avance que son album y serait joué en quasi-intégralité avec une dizaine de titres d’Oasis. Ce qui n’a rien de particulièrement étonnant vu que Noel chantait déjà régulièrement en période oasissienne que ce soit au côté de son frère soit en tournée solo acoustique (2006).
On craignait un peu les précédentes déclarations du mancunien lorsqu’il faisait preuve d’une relative modestie à l’idée d’être au premier plan face au public et surtout de se retrouver à la place de son frère. S’il n’a pas l’image de bête de scène de son frangin ni son charisme, le plaisir de la scène accompagné d’un enthousiasme certain pour son retour à Paris étaient bien visibles et le groupe est désormais rodé après plusieurs concerts effectués depuis octobre. Une vanne sur Coldplay, des anglais qui feraient mieux de rester chez eux, une explication sur le fait qu’il est le mieux placé pour choisir la setlist car il sait ce qui est bon pour le public, des blagues avec les autres musiciens, des sourires amusés, Noel Gallagher reste finalement fidèle à lui-même en conservant son humour teinté d’une légère touche de provocation.
Malgré plusieurs défauts (batteur au jeu un peu trop brutal, micro pas toujours assez haut, plus de solo de la part de Noel, morceaux joués trop rapidement), l’ensemble tient largement la route. L’album étant de bonnes qualité, la différence entre anciens et nouveaux morceaux ne choque pas tant que cela : « The Death Of You And Me » et « If I Had a Gun » sont déjà repris en cœur par le public et si on s’ennuie un peu sur « The Good Rebel » ou « What A Life ! », « Wonderwall » façon Ryan Adams pour une des plus belles versions jamais joué ou « Talk Tonight » version pop remettent vite d’aplomb. Les renforts vocaux du bassiste sur des aigus finalement pas si facile à gérer pour Noel ou un clavier particulièrement inspiré sur « Supersonic » contribuent au bon déroulement du concert (1h30) qui passera au final assez vite. D’ailleurs mention spéciale à cette sublime version acoustique de « Supersonic », l’un des titres les plus associés à Oasis et donc à la voix de Liam et qui aurait très facilement pu tourner à la soupe. Noel Gallagher maîtrise toujours autant l’art du recyclage et tant mieux. Rappel de feu avec un enchaînement « Little By Little » (si si !)/ « The Importance Of Being Idle»/«Don’t Look Back In Anger» choisis pour terminer royalement le concert. Il s’agira sûrement d’être plus critique dans quatre mois une fois cette première attente et l’enthousiasme général retombés mais on a quand même bien hâte.
Noel Gallagher High Flying Birds – Casino de Paris
6 décembre 2011
http://www.noelgallagher.com