
on c’est pas du récent récent, l’album dont nous allons parler ce soir étant sorti au mois de mai mais bon, passer à côté serait une erreur, et une belle. Car en effet le nouvel album des Beastie Boys est de ces disques qui font plaisir dès la première écoute et qui ne lassent pas, jamais, même après moult écoutes. Accueillez Hot Sauce Committe Part II.
Le titre laisse songeur : “Part Two ? Mais quid de la première alors ?” Bah justement y en a pas. Disons qu’en gros le groupe avait pour projet de faire deux disques, puis le sieur MCA s’est trouvé pourvu d’un cancer de la gorge qui a quelque peu changé les plans du trio new-yorkais. Bref, un seul disque au final, pour l’instant en tous cas, rassemblant des morceaux prévu sur le deuxième, ou le premier ? bref un truc pas clair mais qui rappelle les meilleures heures des Beastie Boys.
Les meilleures heures en effet, puisqu’à l’écoute de “Make Some Noise”, premier single issu de la galette, balancé sur le Soundcloud du groupe quelques semaines plus tôt, il était difficile de ne pas penser à Ill Communication ou encore à Hello Nasty. Une histoire de flow sans doute, ou simplement d’ambiance. Bref du vieux tout bon ! mais qui serait passé à la sauce Mix Up, le dernier opus en date du groupe, uniquement instrumental, déjà chroniqué sur ce blog. Car à coups de claviers lourds et gras et de mélodie psychédélique, les Beastie Boys ont su montrer que la parenthèse instrumentale de leur carrière n’était pas qu’une expérience éphémère, mais bien un pas en avant dans la musique du trio.
Puis un deuxième single, “Say It”, a été lancé, plus lourd encore, mais jouissif surtout ! Les claviers saturés semblent être le nouveau joujou des B-Boys. Gros succès auprès des fans, il suffit d’aller lire les commentaires sur la page Soundcloud du groupe, sur laquelle a ensuite suivi le reste des morceaux de l’album. Et là encore, c’est du lourd. Car si certains morceaux ne sont pas à la hauteur des deux singles – comme “OK”, un peu Toufou la gamelle ou encore “Tadlock’s Glasses” (qui a été une idée de titre pour l’album) et “Long Burn The Fire”, qui aurait parfaitement trouvé sa place dans To The Five Boroughs, sorti en 2004 et qui, bien qu’agréable, ne fut pas vraiment le meilleur disque des Beastie – l’ensemble est vraiment bon et constitue à mon sens l’un des meilleurs albums du groupe.
Quelques collaborations sont à mettre en lumière sur ce disque. Avec Nas pour commencer, avec un “Two Many Rappers” des plus efficaces, déjà sorti quelques mois plus tôt en vinyle. Avec Santigold ensuite, sur ce qui a été le troisième single du disque : “Don’t Play No Game That I Can’t Win”. Le titre se trouve être plutôt réussi, ainsi que la vidéo qui l’accompagne, tournée avec des figurines à l’effigie des artistes, rappelant le clip de “Body Movin’”, et d’avantage réussie que celle de “Make Some Noise”, qui malgré un impressionnant casting et un côté fun indéniable ne faisait pas réellement crier au génie.
On se réjouit également de la présence d’un morceau punk, “Lee Majors Come Again”, comme au bon vieux temps des années 90. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il envoie du bois. Mike D est en forme malgré ses quatre-vingt dix-huit kilos perdus ces dernières années et ça fait plaisir. Suit “Multilateral Nuclear Disarmament”, un morceau instrumental de haute volée, funky à souhait et qui amorce une fin d’album qui, bien que pas des plus marquantes termine bien la performance du trio.
Alors certes les Beastie Boys vieillissent, certes ils continuent de placer leurs blazes et qu’eux ils savent rapper contrairement aux petits nouveaux, certes ils utilisent quelques vieilles recettes, mais que ça marche bien ! Une nouvelle fois ils arrivent malgré tout à innover et à être là où on ne les attend pas, et on les en remercie, en pleurant devant l’absence de tournée due notamment aux problèmes de santé de Mister Yauch.
Beastie Boys – Hot Sauce Committee Part Two
Capitol Records
mai 2011
http://www.beastieboys.com/