vec plus de 13 millions de spectateurs après une semaine d’exploitation, Intouchables truste le titre de succès annuel au box office. En général, ce titre traduit un film populaire et un bilan positif pour l’économie du cinéma français. La question de savoir ce qui a suscité un tel engouement reste légitime : pourquoi un tel succès ?

Le sujet : un aristocrate tétraplégique choisit comme aide à domicile un jeune de banlieue tout juste sorti de prison, aurait pu créer des réticences au niveau du grand public. Sans sortir la phrase clichée genre c’est le type de film « qui fait du bien », il faut reconnaître que le ton donné pour un sujet pas évident est juste. Inspirée d’une histoire réelle, l’idée du film a du être peaufinée pour gagner en sensibilité et rendre la relation entre François Cluzet(Philippe)/Omar Sy (Driss) réussie. Parce que la gêne de l’handicap est brisée dès le début par les vannes que se lancent les protagonistes (il fallait oser sortir la blague du « pas de bras, pas de chocolat »). Parce que l’amitié qui s’installe entre Driss qui sert de grand frère et Philippe qui redonne confiance et met devant ses responsabilités celui qui représente physiquement ses bras et ses jambes est grandissante jusqu’à devenir « intouchable ». Parce que le pragmatisme de Philippe face à sa nouvelle vie et l’humour de Driss renforcent leur sympathie. Parce que le regard sur la banlieue caractérisée par de plusieurs plans silencieux en disent plus que dix journaux télévisés sur TF1…

On n’évitera pas certains clichés ou raccourcis comme la scène d’embauche de Driss, un peu trop « facile » ou la famille africaine avec un nombre d’enfants à n’en plus finir. Ni quelques scènes inutiles comme celles du tableau mais qui ne font pas pour autant baisser le rythme du film. Si Bienvenu chez les Ch’tis précédant exemple de gros carton du cinéma français avait été essentiellement porté par un engouement venu du Nord, Intouchables se sera fait sa place par un bouche à oreille qui se poursuit et qui est mérité.

Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache
Gaumont
Sortie le 2 novembre 2011
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