‘aimes pas les basses ? passe ton chemin. Tyler the Creator devait être celui qui me donnerait une gifle niveau « fatesse ». Raté j’étais déçu. Un album pas mauvais avec quelques bons titres, mais un disque un peu chiant au final, et surtout très long. Mais Dope D.O.D. a pointé son nez et là j’ai pris ma claque. On peut pas dire que je sois familier du dubstep mais comme entrée en matière ça se pose bien. Alors ouvre tes oreilles et ferme tes sphincters on a du lourd : Branded.

Si Dope D.O.D. existe depuis quelques années maintenant, c’est surtout avec une vidéo sortie en février dernier que le groupe s’est vraiment fait connaître. Le clip du premier single issu de l’album, alors à venir, « What Happened » a fait parler de lui tant par le morceau lui-même, qui te fait remuer la tête comme un teubé tant il est lourd et entêtant, que par son identité visuelle. Grosse qualité d’image, surtout quand on sait que la vidéo a été filmée avec un Canon 5D (oui un appareil photo, aussi utilisé pour un épisode entier de Dr. House), personnages un peu glauques, atmosphère tendue, décor de zone industrielle désafectée… la joie de vivre en somme, reprise pour tout le visuel du site web du groupe.

L’album, sorti fin septembre après un EP qui annonçait la couleur au mois de juin, laisse transparaître cette ambiance « t’habites là ? t’as pas de bol ». Ça sent la guerre de rue tous les deux morceaux. Derrière les instrus plus lourdes les unes que les autres se posent les voix des trois MC anglais débarqués il y a quelques années à Groningen, Pays-Bas : Skitz Vicious, Dopey Rotten et Jay Reaper. Si ça c’est pas des blazes inspirés (ou pas)…

Après une intro très hip-hop, les choses sérieuses commencent, avec le single susdit, suivi de « The Island », qui n’est pas sans rappeler certains morceaux de Scorn, puis « Real Gods », à nouveau plutôt rap « classique » et « Combust: 4321-34-1234 », qui, comme plus tard « Gatekeepers », fait penser à du Deltron tout gras. Plus loin, on pense à Mr Oizo ou encore à Antipop Consortium avec « Redrum » et « Psychosis ». Puis arrive le rouleau compresseur « Cosmosis Jones » et là t’as mal et tu vas chercher ta megadrive. En tous cas c’est à elle que « Witness the Crispness » te fait songer, alors que survient « Candy Flipping », des plus jazzy (si si !). S’ensuit une fin d’album qui fait office de bilan de tout ce qu’on vient de dire et déjà c’est fini.

Bref on pense à plein d’artistes en écoutant ce disque mais le tout est franchement cohérent et accroche aux oreilles. Parce que Branded c’est pas le genre de disque que t’écoutes une fois ou deux avant de le ranger avec les autres pour le ressortir dans deux ans quand le groupe sortira un nouveau truc. Non Branded tu l’écoutes cinq fois, puis tu le mets dans ton autoradio et tu l’uses, avant de te le repasser moult fois dans ton iPod. Enfin j’aime bien quoi.

fuckbuttons_album.jpgDope D.O.D. – Branded
Dope D.O.D.
septembre 2011
http://www.dopedod.com/

e me méfie souvent des films plébiscités à Cannes. Ils ont quand même donné la palme d’or à The Tree of Life ces gens là je peux pas décemment leur faire confiance. Mais bon ne soyons pas catégoriques. Les quelques avis que j’avais reçus à propos de Polisse étaient vraiment bons et Maïwenn, si je ne suis pas le plus grand fan, a au moins le mérite de faire des films originaux dont on a tendance à se rappeler. Aussi me suis-je rendu au cinéma pour voir son petit dernier.

          Première surprise au vu du sujet du film : on rit. Car en effet bien que traitant de pédophilie, et je dois avouer que je m’attendais à quelque chose de vraiment dur à regarder, beaucoup de scènes allègent le film de la noirceur de son thème à travers des moments vraiment comiques et c’est tant mieux. Le but de Polisse n’est pas nécessairement d’accabler mais de décrire. Décrire le quotidien de la brigade de protection des mineurs parisienne, et fort heureusement pour eux, ils ont une vraie vie et parviennent à se détacher des horreurs qu’ils répriment.

          Autre point notable : pas de fil rouge. Effectivement, contrairement à de nombreux films dits « policiers », il n’est pas question ici de suivre le déroulement d’une enquête principale qui occuperait les personnages tout au long du film. A l’inverse, on assiste à la succession d’une multitude d’affaires plus ou moins graves traitées plus ou moins rapidement. Ça rend le scénario original mais ça peut aussi être dommageable. On ne sait par exemple quasiment jamais ce qu’il advient des enfants ou de leurs bourreaux. Maïwenn passe sans transition à l’affaire suivante et c’est parfois frustrant. On aimerait savoir si les coupables sont punis, si les enfants sont soutenus. On s’en doute mais rien n’est sûr. Alors certes c’est le but du récit de ne raconter que le quotidien des policiers et non celui des victimes, mais cette froideur peut gêner.

          Sont également mises en avant les vies personnelles des membres de la brigade, eux même souvent parents, marqués qu’ils sont par leur lutte contre les pédophiles. A commencer par Joey Starr, qu’on ne s’attend pas forcément à voir jouer un flic mais qui s’en sort plutôt bien dans son rôle de gros dur un peu paumé qui prend ce qu’il fait trop à coeur et ne parvient pas à concilier vie professionnelle et vie personnelle.

          Bref malgré quelques longueurs et des scènes peu utiles ou traitées de manière un peu étrange, ou encore la présence discutable de Maïwenn dans le film, dont le rôle ne trouve jamais réellement sa justification dans le récit et n’apporte rien de bien concret, un avis  positif sur un film à voir – bien que primé à Cannes – qui traite sans images choc d’atrocités qu’on n’aurait à peine imaginées. C’est fait intelligemment, sans voyeurisme. Le film est du coup plutôt accessible et les deux heures passent assez rapidement. Du haut de mon avis indiscutable, je conseille.

Polisse de Maïwenn
Mars Distribution
Sortie le 19 octobre 2011
http://www.marsfilms.com/

uelle ne fut pas ma surprise lorsque, me promenant dans les rues de la capitale je me suis retrouvé face à une affiche promouvant la diffusion prochaine d’une nouvelle série sur Canal+ (encore), consacrée à la famille Borgia lors de son ascension vers le sommet de la hierarchie catho. « Quoi ! mais ça a déjà été fait, et pas y a vingt ans, y a six mois! » Et oui mais que voulez-vous ? deux remakes de la Guerre des boutons, plus la re-sortie de la version d’il y a cinquante ans, deux séries partageant le même sujet… 2010 était l’année du tigre, proclamons 2011 année de la panne d’inspiration.

Mais bon je dois avouer que les intrigues de cour et l’ambiance Renaissance ont le don d’attiser ma curiosité alors, bien qu’ayant vu quelques épisodes de la première série, un peu momolle, je me suis posé devant les quatre premiers épisodes de la nouvelle, et je dois dire que je suis partagé. C’est bien fait, mais forcément ça sent le déjà vu. On sent que les scénaristes ont essayé de se distinguer de leurs prédécesseurs mais c’est pas facile hein alors on fait comme on peut : « Hey les autres ont mis une ou deux bastons par épisode, on va en mettre une toutes les dix minutes, ils ont mis un peu de sexe, on va mettre du cul partout ». Bon bah ça ramène du monde mais ça fait pas tout…

Mais ne soyons pas ingrats, la série a des qualités. Certes Tom Fontana, la papa d’Oz, qui a créé Borgia mais ne réalise pas (il ne l’a jamais fait) fait dans la surenchère mais ça marche. On est plutôt pris par l’histoire. Les personnages sont tous plus fourbes les uns que les autres, ecclésiastiques ou pas. Les soi-disant tenants de la vertu s’avèrent être les plus pourris. On se demande quelle va être la prochaine mesquinerie à leur actif. Aussi les deux premiers épisodes sont-ils vraiment efficaces, tant visuellement (l’ambiance est là c’est indéniable) que sur le plan du scénario, qui fait osciller les protagonistes entre corruption, traîtrise et pêchés mortels. Je dois avouer que j’attendais les deux suivants avec une certaine impatience.

Oui mais voilà, l’heure venue je me suis senti floué. Le rythme soutenu du début de saison m’avait conquis, il s’en est allé. Deux épisodes entiers consacrés à l’élection d’un nouveau pape, en milieu fermé, entrecoupés de scènes pas vraiment plus vives concernant les différents membres de la famille Borgia : c’est long. J’étais presque content que ça s’arrête. Alors une nouvelle chance s’impose dans l’espoir que l’enthousiasme suscité par les premiers épisodes n’ait pas été le simple fruit d’un effet d’annonce. Mais le syndrome des Tudors guette : pas mal certes, mais un peu chiant…

Borgia de Tom Fontana
Canal+
Depuis le 10 septembre 2011
http://borgia.canalplus.fr/

on je ne suis pas monomaniaque, non je n’ai pas d’actions chez Canal+. Mais ça crée bien et surtout ça recrute bien ces temps-ci sur la chaîne cryptée (bon là c’est en clair). Alors parlons en. Le Grand journal nous a livré quelques bonnes surprises au fil des années niveau chroniques et mini-séries : le Petit journal, le SAV des émissions (oui je sais la première saison c’était pendant 20h10 pétantes…), des miss météos qui donnent pas envie de zapper… Oui mais voilà le SAV on commence à connaître, le Petit Journal – qui bientôt va être plus long que le Grand – c’est devenu chiant et la nouvelle miss météo craint… Heureusement, la nouvelle recrue du père Denisot sauve la mise. Bref…

          On ne nous ment pas, les épisodes de la nouvelle mini-série sont courts, très courts même, moins de deux minutes. Mais c’est ce qui la rend bien. Tout repose sur le rythme et l’enchaînement des descriptions. C’est comme ça que ça fonctionne : Kyan Khojandi décrit un moment de son quotidien en énonçant étape par étape tout ce qui y est survenu. Une image, une phrase, et ça marche. Intonation plate, émotion zéro, développement absent et pourtant on s’identifie à chaque fois au personnage. Bien joué.

          La mode du stand up est passée par là (d’ailleurs le type en vient) et ça se sent : « eh vous vous êtes jamais demandé pourquoi machin… ? il vous arrive jamais de truc… ? vous avez jamais remarqué que bidule ? ». Le format change, l’idée reste, on fait appel au vécu de tout le monde et c’est ce qui fait rire. Les gens adhèrent (plus de 300 000 fans sur Facebook en moins de deux semaines le gars…) moi le premier. Pourvu que ça dure. Bref, ce sera tout.

Bref de Kyan Khojandi
Canal+
Depuis le 29 août 2011
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3848-c-bref.html

‘aime bien les personnages de connards. Le genre de rôle un peu ingrat mais qui doit être fun à jouer. Et là je crois qu’on en tient un beau. Eric et Ramzy nous avaient habitués aux types un peu idiots et pas très courageux, Eric sans Ramzy fait mieux : moins idiot mais plus fourbe. Le genre de type que t’aimes pas trop avoir en ami. Pas vraiment méchant, juste néfaste. Petit bilan des trois premiers épisodes de la nouvelle « création originale » de Canal : Platane.

Après une campagne d’annonce de taille sur la chaîne cryptée, entre fausses interviews, parodie d’une pub existante de Canal+ et passage au Grand Journal une demi-heure avant la diffusion, on peut dire que Platane était quelque peu attendue par les abonnés amateurs d’humour bébête. D’autant plus que les critiques de la série vues à droite à gauche se sont révélées plutôt bonnes. Méfiance malgré tout. Le duo comique a plus d’un bide à son actif : une fin de H un peu poussive, une étrange capacité à ne faire que des nanards durs à regarder plus de vingt minutes au cinéma, des passages télé souvent un peu lourds… Alors là, même si on parle d’un projet un peu différent, en solo, moins ouvertement comique, apparemment plus fin, autant vous dire que je me calé un peu sceptique devant ma télé.

Et bien j’avais tort. Enfin plus ou moins disons. Car le pitch est bon: en gros Eric et Ramzy préparent une suite à H, mais suite à une soirée arrosée, le premier se plante en voiture contre un platane et tombe dans le coma, ce qui permet au second de lui voler la vedette. Apprenant l’odieux forfait à son réveil, Eric décide de changer de voie et de se lancer dans la réalisation d’un film plus sérieux, idée qui augure un nombre de galères assez colossal. Mais si le premier épisode est réussi, de l’ambiance lèche-bottes du milieu de la télé à la louseurité (mais si ça se dit…) des personnages principaux (devinez qui : Eric et Ramzy), en passant par des vannes incorrectes qui font plaisir, le deuxième volet souffre d’une baisse de régime et les mésaventures du sieur Judor ne sont pas si bien rythmées que précédemment. Mais bon, un peu déçu que j’étais, je me suis quand même laissé tenter par le troisième épisode.

J’ai bien fait. De loin le meilleur des trois. Eric est bien mauvais (dans le bon sens, rappelez vous, un peu connard) et les personnages qu’il rencontre l’accompagnent bien dans sa médiocrité. Le beau-frère parasite, le prof de hip-hop teubé, le producteur africain véreux, bref du con à la pelle qui redonne du rythme à la série et donne envie d’aller plus loin. Il faut dire que le programme a de quoi appâter le chaland : chaque épisode fait visiblement la place à un acteur invité qui joue son propre rôle mais caricaturé. Ainsi le premier épisode accueillait Ramzy Bédia, en faux-ami opportuniste, le second un Pierre Richard has been prêt à tout pour revenir sur le devant de la scène, et le dernier (pour la soirée) Clothilde Courau, qui galère elle aussi quelque peu à trouver des rôles dignes de ce nom. A venir Monica Bellucci, Vincent Cassel, Guillaume Canet, Gilles Lelouche, Mathieu Amalric… tous passent à la moulinette de l’auto-dérision et c’est plutôt bien fait pour l’instant.

Du coup que penser de cette nouvelle série ? Je dirais à poursuivre. Le démarrage est certes irrégulier mais la vanne fait mouche et même si les longueurs du deuxième épisode font un peu d’ombre au tableau, on a envie d’aller plus loin. L’idée marche bien, Eric Judor est franchement bon dans son rôle de raté et les invités apportent une plus-value pas dégueulasse au tout. Avis plus que positif !

Platane de Eric Judor
Canal+
A partir du 5 septembre 2011
http://www.canalplus.fr/platane/

‘affaire d’Outreau… Je dois avouer que je m’y étais peu intéressé à l’époque et les circonstances de cet épisode tragique de la justice française m’étaient pour le moins méconnues. Une sombre affaire de pédophilie dans laquelle bon nombre de personnes avaient été accusées à tort et enfermées par un juge d’instruction peu lucide. En gros.

          Aussi lorsque l’on m’a proposé de me rendre à l’avant première, en présence de l’équipe de tournage, de Présumé coupable, le film de Vincent Garenq qui raconte le calvaire d’Alain Marécaux, l’un des accusés (auteur de Chronique de mon erreur judiciaire : une victime de l’affaire d’Outreau, dont le film est l’adaptation), j’étais partant mais ne m’attendais pas à un excellent film, craignant sans doute que la froideur du thème ne me fasse trouver le temps long et que le film baigne dans l’apitoiement forcé.

          Quelle ne fut pas ma surprise lorsque dès les premières minutes je me suis retrouvé complètement pris par la projection ! Car il faut le dire, le long métrage du sieur Garenq a moult qualités. Le moins que l’on puisse dire tout d’abord est qu’il est fort bien réalisé. L’ambiance est là c’est rien de le dire. Le climat est toujours tendu, la lumière des plus sobres, montrant des personnages fatigués, accablés, rabaissés, mais avec finesse. Le ton est donné rien que par l’image, par les plans serrés lors des scènes d’enfermement, par la grisaille ambiante lors des scènes d’extérieur. On est mal rien qu’à regarder l’environnement.

          C’est sur ce fond que se déroule le film. Nous ne dévoilerons pas grand chose en le résumant brièvement, l’issue de l’affaire étant connue de tous : Alain Marécaux, huissier de justice dans le nord de la France, et sa femme sont une nuit arrêtés à leur domicile et accusés du viol de plusieurs enfants. Des interrogatoires musclés aux dégâts collatéraux de cette situation sur le couple et leur famille, le film raconte les quatre ans de supplice d’un accusés parmi treize autres qui ont plus ou moins subi le même sort.

          Dans le rôle principal, Philippe Torreton est saisissant, totalement investi par le rôle, allant jusqu’à perdre vingt-sept kilos pour coller au plus près à son personnage. Le juge Burgaud, en charge de l’instruction du dossier, est glaçant d’obstination, les accusateurs choquants par leur bassesse. Tout cela aide à rester accroché à l’écran tout au long de la séance. On a du mal à croire que cette affaire est réelle. Certes le film va dans ce sens mais devant l’imprécision de l’accusation et l’absence totale de preuves à l’encontre des quatorze d’Outreau, on se demande à chaque minute comment tant de gens ont pu être enfermés des mois, voire des années avant d’être finalement acquittés.

          Alors oui le film souffre de quelques faiblesses : un procès final un peu rapide dans lequel certains éléments, comme la confirmation temporaire des peines de certains accusés sont peu expliqués, si ce n’est pas le refus de l’institution judiciaire de se regarder en face et d’assumer ses erreurs, ou encore des policiers et un juge si campés dans leurs certitudes qu’ils en sont un peu caricaturaux. Mais l’essentiel n’est pas là, et encore moins le sujet du film : le supplice, la dégradation, la perte de tout, l’indignation… Et pour ça le film récolte ce  qu’il a semé, on est un peu choqué, hagard, compatissant. Bref touché, on prend conscience que ça peut tomber sur n’importe qui, comme ça, sans raison particulière, et ça laisse pensif.

          Au final standing ovation pour l’équipe du film, et surtout pour Alain Marécaux, lui-même présent, applaudi de longues minutes. Je dois avouer que ça fait drôle de voir ce type qui a l’air aussi normal que vous et moi juste après avoir vu ce qu’on lui a fait vivre. Et pour ça, ça valait le coup de se déplacer.

Présumé coupable de Vincent Garenq
Mars Distribution
Sorti le 7 septembre 2011
http://www.marsfilms.com/

on c’est pas du récent récent, l’album dont nous allons parler ce soir étant sorti au mois de mai mais bon, passer à côté serait une erreur, et une belle. Car en effet le nouvel album des Beastie Boys est de ces disques qui font plaisir dès la première écoute et qui ne lassent pas, jamais, même après moult écoutes. Accueillez Hot Sauce Committe Part II.

          Le titre laisse songeur : « Part Two ? Mais quid de la première alors ? » Bah justement y en a pas. Disons qu’en gros le groupe avait pour projet de faire deux disques, puis le sieur MCA s’est trouvé pourvu d’un cancer de la gorge qui a quelque peu changé les plans du trio new-yorkais. Bref, un seul disque au final, pour l’instant en tous cas, rassemblant des morceaux prévu sur le deuxième, ou le premier ? bref un truc pas clair mais qui rappelle les meilleures heures des Beastie Boys.

          Les meilleures heures en effet, puisqu’à l’écoute de « Make Some Noise », premier single issu de la galette, balancé sur le Soundcloud du groupe quelques semaines plus tôt, il était difficile de ne pas penser à Ill Communication ou encore à Hello Nasty. Une histoire de flow sans doute, ou simplement d’ambiance. Bref du vieux tout bon ! mais qui serait passé à la sauce Mix Up, le dernier opus en date du groupe, uniquement instrumental, déjà chroniqué sur ce blog. Car à coups de claviers lourds et gras et de mélodie psychédélique, les Beastie Boys ont su montrer que la parenthèse instrumentale de leur carrière n’était pas qu’une expérience éphémère, mais bien un pas en avant dans la musique du trio.

          Puis un deuxième single, « Say It »,  a été lancé, plus lourd encore, mais jouissif surtout ! Les claviers saturés semblent être le nouveau joujou des B-Boys. Gros succès auprès des fans, il suffit d’aller lire les commentaires sur la page Soundcloud du groupe, sur laquelle a ensuite suivi le reste des morceaux de l’album. Et là encore, c’est du lourd. Car si certains morceaux ne sont pas à la hauteur des deux singles – comme « OK », un peu Toufou la gamelle ou encore « Tadlock’s Glasses » (qui a été une idée de titre pour l’album) et « Long Burn The Fire », qui aurait parfaitement trouvé sa place dans To The Five Boroughs, sorti en 2004 et qui, bien qu’agréable, ne fut pas vraiment le meilleur disque des Beastie – l’ensemble est vraiment bon et constitue à mon sens l’un des meilleurs albums du groupe.

          Quelques collaborations sont à mettre en lumière sur ce disque. Avec Nas pour commencer, avec un « Two Many Rappers » des plus efficaces, déjà sorti quelques mois plus tôt en vinyle. Avec Santigold ensuite, sur ce qui a été le troisième single du disque : « Don’t Play No Game That I Can’t Win ». Le titre se trouve être plutôt réussi, ainsi que la vidéo qui l’accompagne, tournée avec des figurines à l’effigie des artistes, rappelant le clip de « Body Movin' », et d’avantage réussie que celle de « Make Some Noise », qui malgré un impressionnant casting et un côté fun indéniable ne faisait pas réellement crier au génie.

          On se réjouit également de la présence d’un morceau punk, « Lee Majors Come Again », comme au bon vieux temps des années 90. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il envoie du bois. Mike D est en forme malgré ses quatre-vingt dix-huit kilos perdus ces dernières années et ça fait plaisir. Suit « Multilateral Nuclear Disarmament », un morceau instrumental de haute volée, funky à souhait et qui amorce une fin d’album qui, bien que pas des plus marquantes termine bien la performance du trio.

          Alors certes les Beastie Boys vieillissent, certes ils continuent de placer leurs blazes et qu’eux ils savent rapper contrairement aux petits nouveaux, certes ils utilisent quelques vieilles recettes, mais que ça marche bien ! Une nouvelle fois ils arrivent malgré tout à innover et à être là où on ne les attend pas, et on les en remercie, en pleurant devant l’absence de tournée due notamment aux problèmes de santé de Mister Yauch.

fuckbuttons_album.jpgBeastie Boys – Hot Sauce Committee Part Two
Capitol Records
mai 2011
http://www.beastieboys.com/

‘ai trouvé mon film de l’été. La bande-annonce n’avait pas menti. C’est beau. Je dois dire que j’attendais avec une certaine impatience la sortie du dernier volet de la Planète des singes. La version de Tim Burton sortie en 2001 m’avait laissé sur ma faim : ça se regardait gentiment mais ça cassait pas trois pattes à un canard (c’est placé). Puis j’avais revu l’original, bien mieux, et lu le livre, différent. Et bien je n’ai pas été déçu, mes 8 € ont été bien investis.

          Pour commencer, le film ne se situe pas spécialement comme une suite ou comme un épisode menant aux autres films (malgré quelques clins d’oeil bien calés). Il s’agit là d’une histoire indépendante qui trouve sa place dans la « mythologie » de la Planète des singes, à l’image des Batman de Christopher Nolan par exemple.

          Le pitch est simple : Will Rodman, joué par James Franco, est un chercheur qui pense avoir trouvé un remède à la maladie d’Alzheimer, testé sur des chimpanzés. Celui-ci semble bien marcher mais a quelques effets imprévus sur ses cobayes, en particulier une femelle, qui donne naissance à César, petit singe qui a hérité des effets du serum par sa mère…

          Par où commencer tant le film m’a fait forte impression ? Le travail visuel est magistral. Les singes, entièrement réalisés par ordinateur par la société de Peter Jackson, sont plus vrais que nature, en particulier César, « joué » par Andy Serkis, qui avait déjà prêté ses mouvements à King Kong et Gollum. On y croit vraiment, et les expressions des visages sont réellement impressionnantes.

          Côté scénario, on se laisse vraiment prendre par l’évolution de César, à la fois attachant et terrifiant. Le gros point fort selon moi est que c’est crédible ! Rupert Wyatt n’en fait jamais trop et ça fait plaisir. Si les singes ont à l’évidence des aspects de plus en plus humains, ils restent des singes. De surcroît, contrairement aux autres films de la saga, dans lesquels la manière dont les événements ont conduit l’humanité à céder la place aux singes est plutôt confuse, ici tout est limpide, de la montée en puissance des singes à la fin des humains, sans toutefois tout montrer.

          Le casting est quant à lui bien servi, ça joue juste tant chez les humains que chez les singes, Andy Serkis est bluffant. Petit point faible ceci dit sur les deux ou trois « méchants » humains, un poil clichés dans leur personnalité. Mais on pardonne volontiers devant l’impression d’ensemble plus que bonne que procure La Planète des singes : les origines.

deliverus2_affiche.jpgLa Planète des singes : les origines de Rupert Wyatt
Twentieth Century Fox
Sorti le 10 août 2011
http://www.foxfrance.com//

our ce petit retour, je me suis dit qu’il serait bon de commencer par un sujet pas encore traité sur ce blog, et assez rapidement l’idée m’est venue : une section geek… Et quoi de plus geek qu’un MMORPG ? rien je crois. Alors pour ceux qui ne le savent pas,  MMORPG ça veut dire Massive Multiplayer Online Role Player Game. En gros, un jeu de rôle dans un monde bien vaste, sans réel scénario, avec plein de monde et en constante évolution. Voilà pour la parenthèse « j’ai dormi quinze ans dans une grotte ». Je vous présente donc : Order & Chaos Online.

          Alors là,  attention plagiat ! Mais bien hein. Mais que c’est bien fait. En un mot si vous aimez World of Warcraft et aimeriez bien y jouer sur votre iPhone, bah voilà, vous y êtes. Oui parce que je vous ai pas dit mais le jeu dont on parle n’est pas sur PC ou encore sur console, mais bien sur iPhone et iPad. Et il faut dire que quand on pense à ce petit détail, on ne peut qu’être impressionné par la qualité du soft qui nous est proposé par Gameloft (déjà connu pour d’autres copies de jeux à succès, comme GTA par exemple avec Gangstar). Tout y est : les races (humain, orc, elfe, mort-vivant) et les classes (guerrier, moine, mage, ranger), le système d’évolution de votre personnage, les sorts, les quêtes, l’équipement, les groupes et guildes… tout je vous dis ! C’est du WOW de poche.

          Alors certes c’est pas aussi beau, pas aussi jouable et confortable, mais Order & Chaos nous met là une sacrée claque malgré tout. Car bien qu’imparfait, le système de jeu est très intuitif et l’écran tactile révèle là tout son potentiel. Qu’il s’agisse de se déplacer en toute liberté dans l’environnement très riche qui nous est offert ou encore de bastonner des monstres aussi beaux que variés, on se surprend rapidement à éprouver un réel plaisir à jouer sur son téléphone.

          Quelques faiblesses malgré tout, pour la plupart liées au support : une portée de vue pas très élevée qui entraîne parfois de mauvaises surprises comme se retrouver d’un coup à trois mètres d’un loup enragé deux fois plus gros que vous ; le fait de passer à travers certains obstacles ou, à l’inverse, se retrouver bloqué par un rocher alors qu’on passe un mètre à coté ; et enfin la communication entre joueurs rendue assez pénible par l’obligation de faire apparaître le clavier sur l’écran (bah oui !), ce qui interrompt le jeu assez régulièrement.

          Mais dans l’ensemble, Order & Chaos Online mérite à mon sens tous les honneurs pour avoir su adapter le MMORPG en 3D sur smartphone et tablette. Gros reproche par contre : la possibilité pour les joueurs acharnés de payer en argent réel des avantages dans le jeu tels que des pièces d’or supplémentaires ou encore la capacité de ressusciter directement sur place, ce qui crée un déséquilibre entre les joueurs que WOW avait eu la sagesse d’interdire. Car lorsque l’on paye un jeu, même pas cher, et qu’on y ajoute un abonnement mensuel, même dérisoire, on s’attend à avoir toutes les options dès le départ et à ne pas être confronté à des joueurs avantagés car plus fortunés.

          Ainsi s’achève l’instant nerd du jour. sur ce amusez-vous bien.

Order and Chaos Online
Gameloft
avril 2011
http://www.gameloft.fr

e retour après trois ans. Oh pas qu’on ait manqué à grand monde ! Je suppose que la douzaine de lecteurs de Sure Post a su se consoler de la désertion dont mes acolytes et moi-même avons fait preuve. Mais de la même manière il me semble qu’un retour ne fera pas grand mal. Lira qui voudra, les contributeurs passés ou futurs sont les bienvenus !

          Quelques perspectives d’élargissement sont en projet : musique, cinéma, télé sont toujours au rendez-vous bien entendu, mais aussi actu, technologies… Bref un truc un peu généraliste. Bon je vais pas la faire longue pour rien dire… See ya soon !