Cloverfield

ela faisait bien longtemps… Je réflechis. Disons depuis Matrix voir le Seigneur des Anneaux. Ah si, il y avait cette scène dans Spiderman 3 qui était pas mal… Je parle des films d’action ou grand spectacle en général qui m’avaient un minimum impressionné. Des films ou je suis sorti dans la salle en balancant un très classe « Putain ça déchire ! ». Et donc ça faisait un moment que cette sensation de spectaculaire ne m’avait pas laissé aussi enthousiaste. Car en considérant Matrix comme le véritable pionner de l’ère numérique, le flot de blockbusters ayant suivis la voie tracée par les frères Wachowski, m’ont soit donné l’impression de regarder la démo d’un jeu vidéo au cinéma, soit franchement ennuyé. Les Stars Wars tournés quasiment entièrement derrière un fond vert fluo pour créer soit disant des paysages super nouveaux, super magnifiques, ça fait pas réaliste désolé. Le résultat donne plutôt des décors aux couleurs bien baveuses et franchement hideuses. D’autant plus que d’un blockbuster à l’autre, c’est plutôt le jeu de la surenchère qui prédomine : encore plus de spectaculaire, plus impressionnant, plus vite… Logique vous me direz. Sauf que trop de numérique tue le numérique. Et les scènes d’action deviennent vite irregardable (suivez mon regard… Transformers). Là où les effets spéciaux de Matrix étaient utilisés avec un minimum de subtilité pour effectivement rendre plus réaliste les scènes d’action sans nuire à la qualité d’ensemble du film.

           Cloverfield débarque sur nos écrans précédé de rumeurs sur le contenu de l’histoire : New-York dévastée par une attaque d’abord inconnue (même s’il se pourrait bien que l’origine en soit une grosse vilaine bébête). Le tout filmé par les acteurs du drame (c’est-à-dire les victimes elles-mêmes dans le film) à l’aide une caméra numérique basique. Du Godzilla à la sauce Blair Witch en quelque sorte. Ces deux références font extrêmement peur. On en arrive même à se demander si le responsable de la catastrophe n’est pas Puff Daddy, enfin non P.Diddy, enfin Sean machin, se baladant en plein Manatthan et « chantant » son nouveau single en live. Heureusement non. Le concept de départ dont J.J. Abrams, producteur de Lost et réalisateur de M:I:3 a participé à l’élaboration, consiste à faire vivre de l’intérieur la catastrophe annoncée au spectateur. Et effectivement ça marche. Une fois installé confortablement dans son fauteuil, si possible pas trop près de l’écran afin de s’habituer à la caméra qui bouge pas mal (filmé comme un reportage je vous le rappelle) et éviter de chopper la nausée au bout de 15 minutes, il faut avouer qu’on s’y croirait. L’utilisation des effets spéciaux évite le coté trop à l’arrache de Blair Witch et offre des décors plus élaborés que la forêt de nuit, le tout étant mille fois plus crédible que Godzilla. Tour de force car sans parler de révolution, plusieurs scènes de guérilla et de chaos urbain resteront dans les annales du cinéma. Et malgré un scénario un peu limité (les causes et conséquences de cette destruction massive de NYC ne sont pas vraiment abordés) et des rebondissements histoire d’avoir des rebondissements du type : « Si j’allais chercher mon ex-copine à l’autre bout de la ville dont l’immeuble vient de s’effondrer et dont je n’ai aucune nouvelle alors que la bête s’y trouve encore », le film s’attache à respecter son idée de base. Le résultat est surréaliste car on reste subjugué par les images d’apocalypse que l’on est en train de voir et la panique engendrée. Cela fait penser au 11 septembre. En bien pire. Mais au cinéma heureusement.

cloverfield_couv.jpgCloverfield de Matt Reeves
Paramount Pictures France
06 février 2008
http://www.paramountpictures.fr