ugly-duckling.jpg

e.gifn ces temps difficiles où le hip-hop se fait de plus en plus commercial et répétitif (il suffit pour s’en convaincre de se poser quelques minutes devant « MTV Base » pour assister au spectacle désolant de nids de poufs en strings agitant leur arrière train devant un guignol surchargé de quincaillerie assis dans son transat’ au bord de la piscine d’une villa californienne…), où de plus en plus de gens sont amenés à assimiler rappeur et racaille, rap et provocation, et ce notamment en raison d’une diffusion du hip-hop qui se limite bien souvent à ces clichés, en ces temps difficile disais-je donc, parviennent tout de même à se faire entendre des groupes subtils et talentueux, capables de mêler des performances de MC’s de qualité à d’excellentes instrus, et à sortir ainsi du lot en nous pondant des albums réellement bons.

          Parmi ceux-ci, Ugly Duckling, les vilains petits canards de Los Angeles (désolé c’était facile), nommés ainsi en raison du sentiment de faire un rap différent de ce qui se fait habituellement sur la côte Ouest des Etats-Unis. En effet, amateurs de gangsta rap, de son «West Coast», passez votre chemin, Ugly Duckling n’est pas pour vous. Ces Californiens sont en effet bien plus influencés par des groupes de la côte Est, tournés vers un rap plus instrumental. De fait, avec Bang For The Buck, leur unique album à proprement parler, sorti en 2006, Ugly Ducling nous ramène avec bonheur au rap old school incarné par ses modèles, au jazz rap cher à A Tribe Called Quest mais sur des instrus et un ton bien plus enjoués, à l’image de De La Soul à leurs débuts.

          L’album commence ainsi par un « Bang For The Buck » (oui oui c’est aussi le nom de l’album je sais) très jazzy grâce à une ligne de contrebasse accrocheuse, puis se poursuit avec deux titres excellents que sont « Yudee ! » et « The Breakdown », eux aussi soutenus par une instru des plus efficaces. Puis vient « Left Behind », tout droit sorti de That 70’s Show, suivi d’une succession de morceaux plus entraînants les uns que les autres, pour en arriver à celui par lequel j’ai pour ma part découvert le groupe et qui m’a donné envie de me procurer l’album, « Slow The Flow », que l’on écoute très volontiers grâce à une trompette (pardonnez-moi s’il s’agit d’un autre cuivre je suis tout pourri pour ça) très bien mêlée à une production rythmique envoutante et un flow toujours très bien posé. Enfin arrive, après un « Shoot Your Shot » très réussi, le titre final, « End Of Time », qui constitue l’apogée de cet album et le conclue à merveille.

          En guise de conclusion, si vous êtes amateur de groupes comme les Beastie Boys, De la Soul, A Tribe Called Quest, les Jungle Brothers ou encore, bien que plus éloigné, MF Doom (qui n’est pas un groupe mais un MC c’est vrai…), je vous encourage à vous jeter sur ce petit bijou que constitue Bang For The Buck et à suivre avec attention ce que nous réserve ce groupe très prometteur (bon c’est pas le mot vu qu’ils existent depuis dix ans en fait, mais bon vous voyez ce que je veux dire…) qu’est Ugly Duckling.

bang-for-the-buck1.jpgUgly Duckling – Bang For the Buck
Fat Beats Records
2006
http://www.uglyduckling.us

Ugly Duckling – The End Of Time en écoute