‘aimes pas les basses ? passe ton chemin. Tyler the Creator devait être celui qui me donnerait une gifle niveau « fatesse ». Raté j’étais déçu. Un album pas mauvais avec quelques bons titres, mais un disque un peu chiant au final, et surtout très long. Mais Dope D.O.D. a pointé son nez et là j’ai pris ma claque. On peut pas dire que je sois familier du dubstep mais comme entrée en matière ça se pose bien. Alors ouvre tes oreilles et ferme tes sphincters on a du lourd : Branded.

Si Dope D.O.D. existe depuis quelques années maintenant, c’est surtout avec une vidéo sortie en février dernier que le groupe s’est vraiment fait connaître. Le clip du premier single issu de l’album, alors à venir, « What Happened » a fait parler de lui tant par le morceau lui-même, qui te fait remuer la tête comme un teubé tant il est lourd et entêtant, que par son identité visuelle. Grosse qualité d’image, surtout quand on sait que la vidéo a été filmée avec un Canon 5D (oui un appareil photo, aussi utilisé pour un épisode entier de Dr. House), personnages un peu glauques, atmosphère tendue, décor de zone industrielle désafectée… la joie de vivre en somme, reprise pour tout le visuel du site web du groupe.

L’album, sorti fin septembre après un EP qui annonçait la couleur au mois de juin, laisse transparaître cette ambiance « t’habites là ? t’as pas de bol ». Ça sent la guerre de rue tous les deux morceaux. Derrière les instrus plus lourdes les unes que les autres se posent les voix des trois MC anglais débarqués il y a quelques années à Groningen, Pays-Bas : Skitz Vicious, Dopey Rotten et Jay Reaper. Si ça c’est pas des blazes inspirés (ou pas)…

Après une intro très hip-hop, les choses sérieuses commencent, avec le single susdit, suivi de « The Island », qui n’est pas sans rappeler certains morceaux de Scorn, puis « Real Gods », à nouveau plutôt rap « classique » et « Combust: 4321-34-1234 », qui, comme plus tard « Gatekeepers », fait penser à du Deltron tout gras. Plus loin, on pense à Mr Oizo ou encore à Antipop Consortium avec « Redrum » et « Psychosis ». Puis arrive le rouleau compresseur « Cosmosis Jones » et là t’as mal et tu vas chercher ta megadrive. En tous cas c’est à elle que « Witness the Crispness » te fait songer, alors que survient « Candy Flipping », des plus jazzy (si si !). S’ensuit une fin d’album qui fait office de bilan de tout ce qu’on vient de dire et déjà c’est fini.

Bref on pense à plein d’artistes en écoutant ce disque mais le tout est franchement cohérent et accroche aux oreilles. Parce que Branded c’est pas le genre de disque que t’écoutes une fois ou deux avant de le ranger avec les autres pour le ressortir dans deux ans quand le groupe sortira un nouveau truc. Non Branded tu l’écoutes cinq fois, puis tu le mets dans ton autoradio et tu l’uses, avant de te le repasser moult fois dans ton iPod. Enfin j’aime bien quoi.

fuckbuttons_album.jpgDope D.O.D. – Branded
Dope D.O.D.
septembre 2011
http://www.dopedod.com/

on c’est pas du récent récent, l’album dont nous allons parler ce soir étant sorti au mois de mai mais bon, passer à côté serait une erreur, et une belle. Car en effet le nouvel album des Beastie Boys est de ces disques qui font plaisir dès la première écoute et qui ne lassent pas, jamais, même après moult écoutes. Accueillez Hot Sauce Committe Part II.

          Le titre laisse songeur : « Part Two ? Mais quid de la première alors ? » Bah justement y en a pas. Disons qu’en gros le groupe avait pour projet de faire deux disques, puis le sieur MCA s’est trouvé pourvu d’un cancer de la gorge qui a quelque peu changé les plans du trio new-yorkais. Bref, un seul disque au final, pour l’instant en tous cas, rassemblant des morceaux prévu sur le deuxième, ou le premier ? bref un truc pas clair mais qui rappelle les meilleures heures des Beastie Boys.

          Les meilleures heures en effet, puisqu’à l’écoute de « Make Some Noise », premier single issu de la galette, balancé sur le Soundcloud du groupe quelques semaines plus tôt, il était difficile de ne pas penser à Ill Communication ou encore à Hello Nasty. Une histoire de flow sans doute, ou simplement d’ambiance. Bref du vieux tout bon ! mais qui serait passé à la sauce Mix Up, le dernier opus en date du groupe, uniquement instrumental, déjà chroniqué sur ce blog. Car à coups de claviers lourds et gras et de mélodie psychédélique, les Beastie Boys ont su montrer que la parenthèse instrumentale de leur carrière n’était pas qu’une expérience éphémère, mais bien un pas en avant dans la musique du trio.

          Puis un deuxième single, « Say It »,  a été lancé, plus lourd encore, mais jouissif surtout ! Les claviers saturés semblent être le nouveau joujou des B-Boys. Gros succès auprès des fans, il suffit d’aller lire les commentaires sur la page Soundcloud du groupe, sur laquelle a ensuite suivi le reste des morceaux de l’album. Et là encore, c’est du lourd. Car si certains morceaux ne sont pas à la hauteur des deux singles – comme « OK », un peu Toufou la gamelle ou encore « Tadlock’s Glasses » (qui a été une idée de titre pour l’album) et « Long Burn The Fire », qui aurait parfaitement trouvé sa place dans To The Five Boroughs, sorti en 2004 et qui, bien qu’agréable, ne fut pas vraiment le meilleur disque des Beastie – l’ensemble est vraiment bon et constitue à mon sens l’un des meilleurs albums du groupe.

          Quelques collaborations sont à mettre en lumière sur ce disque. Avec Nas pour commencer, avec un « Two Many Rappers » des plus efficaces, déjà sorti quelques mois plus tôt en vinyle. Avec Santigold ensuite, sur ce qui a été le troisième single du disque : « Don’t Play No Game That I Can’t Win ». Le titre se trouve être plutôt réussi, ainsi que la vidéo qui l’accompagne, tournée avec des figurines à l’effigie des artistes, rappelant le clip de « Body Movin' », et d’avantage réussie que celle de « Make Some Noise », qui malgré un impressionnant casting et un côté fun indéniable ne faisait pas réellement crier au génie.

          On se réjouit également de la présence d’un morceau punk, « Lee Majors Come Again », comme au bon vieux temps des années 90. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il envoie du bois. Mike D est en forme malgré ses quatre-vingt dix-huit kilos perdus ces dernières années et ça fait plaisir. Suit « Multilateral Nuclear Disarmament », un morceau instrumental de haute volée, funky à souhait et qui amorce une fin d’album qui, bien que pas des plus marquantes termine bien la performance du trio.

          Alors certes les Beastie Boys vieillissent, certes ils continuent de placer leurs blazes et qu’eux ils savent rapper contrairement aux petits nouveaux, certes ils utilisent quelques vieilles recettes, mais que ça marche bien ! Une nouvelle fois ils arrivent malgré tout à innover et à être là où on ne les attend pas, et on les en remercie, en pleurant devant l’absence de tournée due notamment aux problèmes de santé de Mister Yauch.

fuckbuttons_album.jpgBeastie Boys – Hot Sauce Committee Part Two
Capitol Records
mai 2011
http://www.beastieboys.com/

e jazz-rap est quelque part le mouvement le plus pur de la culture urbaine. Le hip-hop rejoignant la musique de ses propres origines est en lui-même un cycle culturel et artistique d’une portée signifiante. Certains artistes ont opté pour cette optique du hip hop comme A Tribe Called Quest, les Roots ou encore les Beastie Boys, faisant de ce genre à part l’un des sous-mouvements les plus artistiquement accomplis. En France, gangréné par le modèle américain, le rap français tend à lorgner plus du côté du hardcore et du g-rap. Cependant, parmi les meilleurs lyricistes francophones, des gros calibres comme MC Solaar, ou les plus récents (et excellents soit dit en passant) Hocus Pocus et Oxmo Puccino et ses Jazzbastards, ont donné leurs plus beaux faits d’armes au jazz-rap à la française. Entre ces deux pôles continentaux naissent les Jazz Liberatorz. Trois DJ de Meaux aux beats et aux compositions alléchées, les Jazz Liberatorz sont bien français, bien que cela soit peu reconnaissable dû aux nombreux artistes américains venus poser leurs flows sur leur travail.

          Entièrement anglophone, excepté l’ouverture de l’album présentant le groupe comme dans les émissions vieillotes, ce Clin d’Œil ne peut porter mieux son nom équivoque. Album hommage tout du long, DJ Damage, DJ Dusty et Madhi, par le biais de cette galette, décident de délivrer un sublime et vibrant baise-main au jazz, mère fondatrice de toute musique urbaine et émancipatrice de la culture noire avec le blues. Avec une liste de guests impressionnante (Fat Lip, T-Love, Raashan Ahmad, Buckshot, Stacy Epps, Sadat X etc.) les Jazzlib parviennent à un concentré lounge et palpitant d’un jazz hybride, entre samples et compositions des trois DJ, et un hip-hop old-school dépouillé. En sublimation par leurs idoles, allègrement name-droppés (Quincy Jones, Wes Montgomery, Miles Davis, John Coltrane etc.) ce Clin d’Œil est loin de n’être qu’une belle révérence, elle permet également à cette nouvelle génération de musiciens mélomanes de se poser en alternative. Inspiré, modeste et talentueux, ce premier album des Meldois, fascine par cette intégration délicate du hip hop vertueux et du jazz subjuguant. Dix ans plus tard, le trip hop cérébral et transcendant de DJ Shadow et de Tricky viennent de voir leurs travaux trouver un nouvel approfondissement, plus sensuel, plus lumineux entre les mains de ces fulgurants Jazzlib.

jazzlib_album.jpgJazz Liberatorz – Clin d’Œil
Kif
janvier 2008
http://www.myspace.com/jazzlib

Jazz Liberatorz – When The Clock Ticks (ft. J. Sand) en écoute

del.jpg

q.gifuatrième article, troisième chronique rap, je dois reconnaître que je suis dans une semaine résolument hip-hop. Il faut dire que ces derniers temps je suis tombé – ou retombé – sur de ces trucs ! à vous convertir Mozart à la boîte à rythme ! D’A Tribe Called Quest à Ugly Duckling en passant par MF Doom (oui je connais mon alphabet dans l’ordre…). Je me suis mis à réécouter un tas de vieux disques enfouis sous le canapé depuis des années. Et parmi ces quelques albums, un de ceux qui m’ont le plus scotché à ma platine dans ma courte vie musicale : Deltron 3030, l’un des projets les plus ambitieux de Dan The Automator. Quelle claque la première fois que j’ai écouté ça ! J’ai du me le repasser en boucle une bonne de quinzaine de fois si je me rappelle bien. Pour ceux qui ne connaissent pas, je vais vous donner une petite liste de gens qui ont participé à ce projet, juste histoire de vous mettre l’eau à la bouche : Dan The Automator bien sûr, Del Tha Funkee Homosapien, Prince Paul, Damon Albarn (eh oui), Kid Koala, Sean Lennon, et j’en passe… Autant vous dire qu’avec tout ce petit monde, ça ne pouvait être que du bon ce petit album.

          Mais attention ! on n’est pas là pour rigoler. Sorti en 2000, l’album s’impose comme la bande originale d’un roman SF inexistant dans le genre aventure post-nucleaire voyeeez (non je ne suis pas M. MacKey…). Bon, comme dans tout scenario post-apocalyptique qui se respecte, l’avenir des hommes n’est pas gai, mais là… c’est carrément la merde ! Pour faire vite, l’album raconte l’histoire des derniers hommes libres après une catastrophe qui a détruit la Terre, réfugiés sur une planète hostile dirigée par une dictature fasciste à la 1984 et régulièrement attaquée par des extraterrestres. L’ambiance n’est pas rose mais à l’écoute de ce disque, elle est tellement bien transmise que même si on ne comprend pas toutes les paroles (tout le monde n’est pas bilingue, moi le premier), on se sent dès les premières secondes absorbé dans cet univers futuriste peu enviable, comme si on écoutait réellement la bande son d’un film d’anticipation, dont on imagine inconsciemment les images.

          Il faut dire qu’après une courte introduction présentant le contexte, dès « 3030 », le premier morceau, le décor est planté. Après un démarrage instrumental magistral, Del Tha Funkee Homosapien, alias Deltron Zero pour l’occasion (car chaque participant incarne un personnage ; pour l’exemple, Damon Albarn répond ici au doux nom de Sir Damien Thorn VII Of The Cockfosters Clan, ça s’invente pas…), intervient et nous en met plein les oreilles grâce à un flow très dur mais très bien posé sur la musique, en parfaite harmonie avec l’instru de Dan « The Automator » Nakamura. Et que dire de titres comme « Things You Can Do », comme « Positive Contact », assorti des plus beaux scratchs de Kid Koala ou encore de « Virus », qui traite d’un savant fou voulant propager un virus destiné à semer la terreur sur le monde. Puis s’enchainent des titres totalement immersifs comme « Madness », « Time Keeps On Slipping » et « Turbulence », nous menant droit au dernier morceau de l’album, sûrement l’un des meilleurs, « Memory Loss », porté par un Del en pleine forme et une instru en béton, sans oublier un Sean Lennon tout en justesse sur les refrains, concluant ce disque en grande pompe. Ajoutons à cela des interludes récurrents des plus intéressants et l’on obtient l’un des albums raps les plus aboutis des années 2000, et ce dès… 2000, très fort non ?

          Pour en finir avec cette perle qu’est Deltron 3030 ( « Putain Matthieu à chaque article tu dis que c’est une perle ! » me direz-vous, mais bon c’est un peu pour ça que j’en parle…), courez vous la procurer les yeux fermés si vous appréciez le hip-hop bien construit et les récits d’avenirs pas très radieux – je l’ai dit, il ferait une parfaite BO pour le roman 1984 de George Orwell en changeant simplement la date. Si vous aimé Dr Octagon, le précédent projet de Dan The Automator, vous adorerez Deltron 3030.

deltron.jpgDeltron – Deltron 3030
75 Ark
2000
http://www.myspace.com/dantheautomator

Deltron – 3030 en écoute

ugly-duckling.jpg

e.gifn ces temps difficiles où le hip-hop se fait de plus en plus commercial et répétitif (il suffit pour s’en convaincre de se poser quelques minutes devant « MTV Base » pour assister au spectacle désolant de nids de poufs en strings agitant leur arrière train devant un guignol surchargé de quincaillerie assis dans son transat’ au bord de la piscine d’une villa californienne…), où de plus en plus de gens sont amenés à assimiler rappeur et racaille, rap et provocation, et ce notamment en raison d’une diffusion du hip-hop qui se limite bien souvent à ces clichés, en ces temps difficile disais-je donc, parviennent tout de même à se faire entendre des groupes subtils et talentueux, capables de mêler des performances de MC’s de qualité à d’excellentes instrus, et à sortir ainsi du lot en nous pondant des albums réellement bons.

          Parmi ceux-ci, Ugly Duckling, les vilains petits canards de Los Angeles (désolé c’était facile), nommés ainsi en raison du sentiment de faire un rap différent de ce qui se fait habituellement sur la côte Ouest des Etats-Unis. En effet, amateurs de gangsta rap, de son «West Coast», passez votre chemin, Ugly Duckling n’est pas pour vous. Ces Californiens sont en effet bien plus influencés par des groupes de la côte Est, tournés vers un rap plus instrumental. De fait, avec Bang For The Buck, leur unique album à proprement parler, sorti en 2006, Ugly Ducling nous ramène avec bonheur au rap old school incarné par ses modèles, au jazz rap cher à A Tribe Called Quest mais sur des instrus et un ton bien plus enjoués, à l’image de De La Soul à leurs débuts.

          L’album commence ainsi par un « Bang For The Buck » (oui oui c’est aussi le nom de l’album je sais) très jazzy grâce à une ligne de contrebasse accrocheuse, puis se poursuit avec deux titres excellents que sont « Yudee ! » et « The Breakdown », eux aussi soutenus par une instru des plus efficaces. Puis vient « Left Behind », tout droit sorti de That 70’s Show, suivi d’une succession de morceaux plus entraînants les uns que les autres, pour en arriver à celui par lequel j’ai pour ma part découvert le groupe et qui m’a donné envie de me procurer l’album, « Slow The Flow », que l’on écoute très volontiers grâce à une trompette (pardonnez-moi s’il s’agit d’un autre cuivre je suis tout pourri pour ça) très bien mêlée à une production rythmique envoutante et un flow toujours très bien posé. Enfin arrive, après un « Shoot Your Shot » très réussi, le titre final, « End Of Time », qui constitue l’apogée de cet album et le conclue à merveille.

          En guise de conclusion, si vous êtes amateur de groupes comme les Beastie Boys, De la Soul, A Tribe Called Quest, les Jungle Brothers ou encore, bien que plus éloigné, MF Doom (qui n’est pas un groupe mais un MC c’est vrai…), je vous encourage à vous jeter sur ce petit bijou que constitue Bang For The Buck et à suivre avec attention ce que nous réserve ce groupe très prometteur (bon c’est pas le mot vu qu’ils existent depuis dix ans en fait, mais bon vous voyez ce que je veux dire…) qu’est Ugly Duckling.

bang-for-the-buck1.jpgUgly Duckling – Bang For the Buck
Fat Beats Records
2006
http://www.uglyduckling.us

Ugly Duckling – The End Of Time en écoute

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p.gifour ma première chronique, rien de plus normal, me suis-je dit, que de commencer par mon groupe favori, et, logiquement, par ce qui est selon moi le meilleur cru de cette formation incontournable que sont les Beastie Boys, à savoir Ill Communication, sorti en 1994 chez Capitol Records.

          A peine la galette est-elle installée dans la platine que débute l’un des titres les plus connus du groupe New-Yorkais, « Sure Shot » (comment ? le blog s’appelle presque pareil ? simple coïncidence j’imagine), dont le refrain scandé dès le début du morceau annonce la couleur de ce qui va suivre : «You can’t, you won’t and you don’t stop». De fait, comment se détourner de ce florilège de tubes une fois la machine lancée. Se suivent en effet pendant près d’une heure « Sure Shot », « Root Down », « Sabotage » (présente à chaque fin de concert depuis 2000 en opposition à la politique de George W. Bush, dans laquelle Ad Rock, tel un roquet hargneux, nous en met plein la vue, ou devrais-je plutôt dire, plein les oreilles…) ou encore « Flute Loop », pour ne parler que des morceaux rap.

          Car là réside la force des Beastie Boys : dans leur capacité à faire de très bons morceaux dans de nombreux styles musicaux. Ill Communication propose ainsi, en plus des titres hip-hop, des chansons punk (« Tough Guy » et « Hearth Attack Man ») mais aussi des morceaux de jazz époustouflants, à commencer par « Sabrosa » qui nous plonge dans une ambiance digne de Shaft, sans oublier « Bobo On The Corner », « Ricky’s Theme », « Shambala » – écrite en hommage au Tibet(tout comme « Alright Hear This » et « Bodhisattva Vow ») dont le groupe soutient la cause depuis un certain nombre d’années maintenant (il me semble d’actualité de le préciser) -, « Futterman’s Rule », « Eugene’s Lament » et j’en passe. Ajoutez à cela des morceaux inclassables dont seuls les Beastie Boys en ont le secret et qui vous transportent littéralement dans un album qui, bien que non réduit à un seul et unique style musical, parvient à se forger un univers propre et à garder toute sa cohérence, notamment grâce à une production irréprochable qui fait le pari d’aligner sans ruptures des titres de styles très différents.

           En somme, vous l’aurez compris, ce disque est selon moi (mais pas seulement) la pièce maîtresse de la discographie des Beastie Boys, dans la mesure où au moins trois des morceaux qui le constituent sont des tubes (« Sure Shot », « Root Down » » et « Sabotage »), où aucun morceau n’est à jeter, et où il représente l’apogée de ce qu’ont pu faire les Beastie Boys (attention ne me faites pas dire que les albums suivants du groupe ne sont pas excellents, je veux simplement dire qu’Ill Communication est celui qui rassemble le plus de perles à mon goût). Je classerai donc ce disque au panthéon des albums que j’ai le plus écoutés dans ma vie et lui mettrai, si je devais le noter (mais ici n’est pas le but de ce blog) la note maximum pour tout le plaisir qu’il m’a apporté et m’apporte encore, because «I won’t stop».

illcomm21.jpgBeastie Boys – Ill Communication
Capitol Records
1994
http://www.beastieboys.com

Beastie Boys – Sure Shot en écoute