uelle ne fut pas ma surprise lorsque, me promenant dans les rues de la capitale je me suis retrouvé face à une affiche promouvant la diffusion prochaine d’une nouvelle série sur Canal+ (encore), consacrée à la famille Borgia lors de son ascension vers le sommet de la hierarchie catho. « Quoi ! mais ça a déjà été fait, et pas y a vingt ans, y a six mois! » Et oui mais que voulez-vous ? deux remakes de la Guerre des boutons, plus la re-sortie de la version d’il y a cinquante ans, deux séries partageant le même sujet… 2010 était l’année du tigre, proclamons 2011 année de la panne d’inspiration.

Mais bon je dois avouer que les intrigues de cour et l’ambiance Renaissance ont le don d’attiser ma curiosité alors, bien qu’ayant vu quelques épisodes de la première série, un peu momolle, je me suis posé devant les quatre premiers épisodes de la nouvelle, et je dois dire que je suis partagé. C’est bien fait, mais forcément ça sent le déjà vu. On sent que les scénaristes ont essayé de se distinguer de leurs prédécesseurs mais c’est pas facile hein alors on fait comme on peut : « Hey les autres ont mis une ou deux bastons par épisode, on va en mettre une toutes les dix minutes, ils ont mis un peu de sexe, on va mettre du cul partout ». Bon bah ça ramène du monde mais ça fait pas tout…

Mais ne soyons pas ingrats, la série a des qualités. Certes Tom Fontana, la papa d’Oz, qui a créé Borgia mais ne réalise pas (il ne l’a jamais fait) fait dans la surenchère mais ça marche. On est plutôt pris par l’histoire. Les personnages sont tous plus fourbes les uns que les autres, ecclésiastiques ou pas. Les soi-disant tenants de la vertu s’avèrent être les plus pourris. On se demande quelle va être la prochaine mesquinerie à leur actif. Aussi les deux premiers épisodes sont-ils vraiment efficaces, tant visuellement (l’ambiance est là c’est indéniable) que sur le plan du scénario, qui fait osciller les protagonistes entre corruption, traîtrise et pêchés mortels. Je dois avouer que j’attendais les deux suivants avec une certaine impatience.

Oui mais voilà, l’heure venue je me suis senti floué. Le rythme soutenu du début de saison m’avait conquis, il s’en est allé. Deux épisodes entiers consacrés à l’élection d’un nouveau pape, en milieu fermé, entrecoupés de scènes pas vraiment plus vives concernant les différents membres de la famille Borgia : c’est long. J’étais presque content que ça s’arrête. Alors une nouvelle chance s’impose dans l’espoir que l’enthousiasme suscité par les premiers épisodes n’ait pas été le simple fruit d’un effet d’annonce. Mais le syndrome des Tudors guette : pas mal certes, mais un peu chiant…

Borgia de Tom Fontana
Canal+
Depuis le 10 septembre 2011
http://borgia.canalplus.fr/