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m.gifessieurs dames, un grand dilemme (eh oui ça s’écrit comme ça, vérifiez…) a du être surmonté aujourd’hui, un choix cornélien digne des plus grandes tragédies grecques ! Devais-je chroniquer un film ou un disque ? Grande question n’est-ce pas ? Et bien la solution m’est venue avec un certain éclat de satisfaction : je vais vous parlez d’un album qui doit tout au cinéma. Plutôt futé hein ? Un album qui doit tout au cinéma donc, puisque ce Director’s Cut auquel nous allons nous intéresser aujourd’hui n’est autre qu’une adaptation endiablée de certains des plus grands thèmes musicaux du cinéma des années 50 à 90 par le génial Mike Patton et sa clique de Fantômas. Du Parrain à Twin Peaks, rien n’a échappé à cette formation née de l’esprit tourmenté du dit Mike, dont la voix nous laisse toujours aussi pantois.

          Le disque commence ainsi très fort, puisque la première chose qui parvient à nos oreille est le thème si reconnaissable du Parrain de Francis Ford Coppola. Alors on se dit « ah c’est fidèle ». Mais au bout de quelques seconde, tout change, au calme des premiers instants succède une note de basse effrayante de Trevor Dunn qui annonce la couleur : l’album sera violent ou ne sera pas. S’ensuit une minute d’anthologie à cent à l’heure au cours de laquelle la guitare de Buzz Osborne n’a d’égal que le jeu de batterie hallucinant de Dave Lombardo, plus rapide qu’un AK47 en pleine action. Puis le calme revient, le déchainement du groupe laissant place à des morceaux plus reposants, à l’image d’« Experiment In Terror » (vous l’aurez compris, chaque titre porte le nom du film dont il est le thème), qui comme son nom ne l’indique pas, passe pour une ballade à côté de ce qu’on vient de se prendre en pleine tête. Puis arrive « Cape Fear », trop court hélas mais prouvant le génie rythmique de Fantômas. Lui succèdent un « Rosemary’s Baby » aussi terrifiant que le film de Roman Polansky dont il est tiré et plusieurs morceaux tout aussi oppressants, jusqu’à la reprise du thème d’un film italien, Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto, composé par le fantastique Ennio Morricone, dont Mike Patton est le plus grand fan. Et là, il faut le dire, c’est juste magistral.

          En bref, soyons honnêtes, ce disque ne plaira pas à tout le monde, notamment en raison de son aspect indiscutablement « métal », mais attention, ne nous y trompons pas, on est à cent lieues des clichés bourrins qui caractérisent cette musique pour bon nombre de gens. Bien au contraire, tout est ici soigneusement écrit et interprété, avec la précision d’un horloger suisse maniaco-dépressif. Alors si on accepte de passer outre ses a priori et d’écouter réellement cet opus, alors je vous le garantis, The Director’s Cut est une expérience à ne pas rater.

fantomas1.jpgFantômas – The Director’s Cut
Ipecac Recordings
2001
http://www.ipecac.com/

Fantômas – Cape Fear