15 avril 2008

près le documentaire Jesus Camp sorti l’an dernier, qui plongeait au cœur de l’Amérique évangélique radicale, Délivrez-nous du mal est un nouveau brûlot à l’encontre du christianisme. Cependant, ce documentaire d’Amy Berg, journaliste pour CBS et CNN, traite d’un sujet d’autant plus délicat qu’il s’agit de la pédophilie des prêtres, ses conséquences et le silence de l’Eglise. Le film nous relate l’histoire du père Oliver O’Grady, qui depuis vingt ans, a abusé et violé des centaines d’enfants en usant de son statut de guide religieux. La première moitié du documentaire est donc un malaisé déroulement des évènements qui se sont passés dans les années 70 et 80 en Californie, dans les endroits où O’Grady officiait alors. Malaisé, car Amy Berg ne nous épargne pas. En effet, elle choisit de nous raconter les aspects les plus sordides de ces histoires d’abus, de la bouche même des protagonistes, et notamment en se plaçant non uniquement du côté des victimes, mais donnant également le point de vue dérangeant du coupable.
Délivrez-nous du mal nous montre ainsi les discours de certaines victimes et leurs familles, mettant en exergue les dégâts moraux provoqués, et en parallèle montre Oliver O’Grady, témoignant librement, parfois crûment, de ses actes et de la mécanique de son esprit tortueux. Rappelant par moment les monologues d’Humbert Humbert, héros du Lolita de Vladimir Nabokov, sur les amoralités pédophiles de son propre être, le témoignage d’O’Grady demeure effroyable de détachement. On assiste donc à un sinistre jeu de miroir, avec d’un côté la détresse de ces familles détruites, et de l’autre côté, l’incarnation de tous leurs maux en parfaite liberté ; toutes, des facettes d’un même drame. Car, sous les traits d’un aimable quinquagénaire sont imputés des actes tragiques, rendant la nature de ceux-ci d’autant plus terrifiants, marquant une ambiguïté dérangeante.
Cette histoire mise en avant comme étant révélatrice d’un mal sous-jacent, cpermet à Amy Berg d’extrapoler son propos dans la seconde moitié du documentaire en lui donnant des allures de pamphlet anti-clérical. Si O’Grady est libre aujourd’hui et se ballade tranquillement dans les rues d’une ville d’Irlande malgré ses nombreux crimes avérés, cela est dû à l’influence importante de l’Eglise chrétienne catholique qui aura couvert cette affaire à tous les échelons. Délivrez-nous du mal livre ainsi une vive critique de tout le système clérical catholique, et nous délivre diverses pistes de lecture comme les raisons ancestrales de cette déviance pédophile inhérent à la l’Eglise catholique, l’organisation de l’Eglise comme réseau mafieux ou encore le silence et les parjures du clergé concernant ces nombreux cas d’abus sexuels par des prêtres. Bien que parfois trop sensationnaliste (réalisation à l’américaine avec effets visuels surchargés, musique emphatique) le documentaire d’Amy Berg a le mérite de traiter sans retenues des derniers tabous de la société contemporaine : les enfants et la religion. Un rappel délicat mais nécessaire.
Délivrez-nous du mal d’Amy Berg
Metropolitan Films
Sorti le 02 avril 2008
http://www.deliverusfromevilthemovie.com/

’émergence de la nouvelle génération du cinéma mexicain, suivant l’ère du Nuevo Cine Mexicano, s’est accrue ces dernières années, avec notamment l’émergence de figures désormais de premier plan de l’univers cinématographique international. Que ce soit dans l’univers fantastique ou dans des films réalistes, la touche mexicaine est poignante, parfois alambiquée mais toujours porteuse de messages sensibles. On retiendra notamment les exemples évidents d’Alfonso Cuarón (Y Tu Mamá También, le fabuleux Les Fils de l’Homme), le poussif mais talentueux Alejandro González Iñárittu (21 Grammes, Babel) ou encore Guillermo Del Toro (le chef d’œuvre Le Labyrinthe de Pan). Supplantant les allégories initiales par un humanisme latent, ce premier film de Rodrigo Plá, La Zona, est dans la droite lignée de ce cinéma mexicain réaliste.

ans les années 90, alors que la dance music battait son plein, fut créé le terme d’IDM, pour l’Intelligence Dance Music. En opposition à la dance music qualifié de stupide (non, Haddaway n’est pas un groupe cérébral) un mouvement d’artistes house, dance, new-wave furent génériquement flanqué de l’appellation « intelligents ». Ainsi des labels, aujourd’hui reconnus et fortement respectés, comme Warp (Aphex Twin, Plastikman, Autechre) ou Astralwerks (The Chemical Brothers, Röyksopp, Les Rythmes Digitales, Basement Jaxx) furent les figures de proue de ce mouvement naturel et transversal. En avance dans le rétro, les pays nordiques ont toujours eu cette culture de l’admiration de l’ancien, tout en le sublimant, alliant la pureté de la pop avec la fulgurance de l’électro, comme le font si bien le norvégien Erlend Oye ou les suédois de The Tough Alliance. Justement, les deux suédois de Pacific ! sortent leur premier album Reveries et sont les dignes successeurs de cette idéologie musicale scandinave.

énélope nous fait miroiter dès ces débuts, un film fantastique, Tim Burton style. Un prologue aux couleurs vives et aux effets spéciaux stylisés, et surtout l’histoire d’une fable charmante, nous laissent cette vive impression. Suite à une malédiction ancestrale, la prochaine fille qui naîtrait dans la famille noble des Wilhern serait pourvu d’un faciès de cochon, et ne serait libérée de ce maléfice que si un homme de son rang l’épousait. Ses parents décident alors de cacher la jeune Pénélope des yeux du monde et de tenter de lui trouver un mari par une agence matrimoniale. Outre cette histoire de malédiction, Pénélope profite ainsi pour verser dans la métaphore bien ancrée dans la vie réelle. Celle notamment de la société starificatrice voyeuriste actuelle, en faisant se faire harceler la malheureuse Pénélope par les paparazzi et la société bien-pensante. On assiste alors à une drôle et pertinente escalade de la notoriété de la bête de foire qu’est devenue Pénélope, traquée puis glorifiée pour sa différence, qu’elle assume à la place de la société.



oici venu le temps de vous parler de BD comme on en fait peu, de BD comme on aimerait en voir plus, de BD qui vous plongent dans un univers unique et envoutant, de BD qui vous font dire “putain ça envoie du bois !”. Je vous parle ici d’une des meilleures séries d’albums qu’il m’ait été donné de lire, et on la doit à deux individus très inspirés venus d’Espagne, Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido. J’ai nommé : Blacksad.







ela faisait bien longtemps… Je réflechis. Disons depuis Matrix voir le Seigneur des Anneaux. Ah si, il y avait cette scène dans Spiderman 3 qui était pas mal… Je parle des films d’action ou grand spectacle en général qui m’avaient un minimum impressionné. Des films ou je suis sorti dans la salle en balancant un très classe « Putain ça déchire ! ». Et donc ça faisait un moment que cette sensation de spectaculaire ne m’avait pas laissé aussi enthousiaste. Car en considérant Matrix comme le véritable pionner de l’ère numérique, le flot de blockbusters ayant suivis la voie tracée par les frères Wachowski, m’ont soit donné l’impression de regarder la démo d’un jeu vidéo au cinéma, soit franchement ennuyé. Les Stars Wars tournés quasiment entièrement derrière un fond vert fluo pour créer soit disant des paysages super nouveaux, super magnifiques, ça fait pas réaliste désolé. Le résultat donne plutôt des décors aux couleurs bien baveuses et franchement hideuses. D’autant plus que d’un blockbuster à l’autre, c’est plutôt le jeu de la surenchère qui prédomine : encore plus de spectaculaire, plus impressionnant, plus vite… Logique vous me direz. Sauf que trop de numérique tue le numérique. Et les scènes d’action deviennent vite irregardable (suivez mon regard… Transformers). Là où les effets spéciaux de Matrix étaient utilisés avec un minimum de subtilité pour effectivement rendre plus réaliste les scènes d’action sans nuire à la qualité d’ensemble du film.

